Leffondrement De Lurss Dissertation Meaning

1Au mois de mai 2005, la Russie fêtait avec un faste exceptionnel le 60e anniversaire de la victoire de la « Grande guerre patriotique » – terme officiel russe pour désigner la Seconde Guerre mondiale en Europe, après l’attaque allemande du 22 juin 1941 contre l’URSS. À cette occasion, plus de cinquante chefs d’État et de gouvernement se sont réunis à Moscou pour rendre hommage aux sacrifices énormes des peuples de l’ex-Union soviétique – pas moins de 27 millions de morts – pour assurer la défaite de l’Allemagne nazie et de ses satellites.

2Or, cette fête avait pour les Russes un arrière-goût amer. Leur fierté légitime concernant les exploits de leurs héros morts pour la Patrie n’empêche pas de constater le contraste saisissant entre la place de l’URSS dans le monde au lendemain de la guerre et celle de la Fédération de Russie aujourd’hui. L’effondrement quinze ans plus tôt de l’Union soviétique fit disparaître l’empire de dimensions continentales, à cheval sur l’Europe et l’Asie, et vieux de quatre siècles.

3Tout en restant encore le plus vaste pays du monde (17 millions de km2) avec des ressources naturelles, notamment énergétiques, considérables et le second arsenal nucléaire après celui des États-Unis, la Russie n’occupe qu’un rang moyen sur les plans démographique, économique et militaire.

4En effet, sa population (143 millions d’habitants) vient derrière celles de la Chine, de l’Inde, des États-Unis, de l’Indonésie, du Pakistan, du Brésil et diminue de plus chaque année de 750 000 unités en raison d’une natalité déclinante et d’une mortalité élevée. Ayant renoué depuis le tournant des années 2000 avec une croissance honorable, de l’ordre de 5 à 7 % annuels, elle retrouve difficilement son volume de 1990, équivalant à 2 % du PIB mondial – alors que l’ex-URSS affichait 8 %. La production et surtout les échanges extérieurs de la Russie dépendent d’une façon écrasante des exportations de matières premières, surtout d’hydrocarbures dont les prix élevés constituent le fondement de l’embellie économique actuelle.

5Le contraste entre un passé glorieux et la médiocrité actuelle provoque chez des Russes une sorte de dédoublement de la personnalité. Ils se voient d’abord en grands vainqueurs, tandis que leurs anciens alliés et adversaires d’il y a soixante ans en Occident les regardent plutôt en principaux vaincus de la « Troisième Guerre mondiale », c’est-à-dire de la guerre froide. Comme cela a toujours été le cas, toute nouvelle guerre, même froide, remet en question les résultats de la précédente.

6Les causes et l’issue de la guerre froide d’une part, les leçons qu’en tire la Russie d’aujourd’hui pour sa politique étrangère d’autre part peuvent être analysées de façons différentes. Pour les économistes, sociologues, philosophes, il s’agit de comparer les atouts et les inconvénients des deux systèmes sociopolitiques, communiste ou capitaliste, qui se sont affrontés en Europe (et ailleurs) après 1945. Pour les historiens, notamment ceux des relations internationales, le problème se pose autrement : ils doivent déterminer les objectifs géographiques que se sont fixés les dirigeants des États et les moyens choisis pour les atteindre. L’adéquation ou non des uns et des autres pourrait apporter une réponse sur le rôle des facteurs objectifs et subjectifs dans l’action diplomatique des acteurs internationaux et ses résultats.

7Dans le cas concret qui nous intéresse – la politique soviétique, puis russe en Europe après 1945 – il faut d’abord préciser sa ligne de départ. Au moment de la capitulation allemande, signée à Reims le 7 puis à Berlin le 8 mai 1945, Staline, alors maître absolu de l’URSS, était confronté à un choix difficile qui devait déterminer le sort de son pays et de l’Europe pour longtemps.

8D’une part, sa situation paraissait extraordinairement favorable. L’Armée rouge, qui avait apporté la principale contribution dans la victoire commune des Alliés, occupait en effet le tiers de l’Europe, au-delà des frontières soviétiques. L’Allemagne écrasée, l’Italie vaincue, la Grande-Bretagne et la France affaiblies ne pouvaient rien lui opposer sur le plan militaire. L’économie de l’Europe était ruinée, sa population souffrait de privations considérables et cherchait à s’en sortir, les partis communistes, auréolés de la victoire soviétique, étaient au faîte de leur influence.

9D’autre part, l’URSS était saignée à blanc par des pertes humaines et matérielles énormes. Son PIB, déjà relativement modeste avant la guerre, avait diminué d’un tiers. Les régions occidentales de la Russie, l’Ukraine, la Biélorussie, qui étaient les plus développées dans le passé, étaient aussi les plus touchées par les hostilités.

10L’unique puissance sortie de la guerre infiniment plus forte qu’avant était les États-Unis. Ayant doublé leur production industrielle, ils représentaient à eux seuls 45 % du PIB mondial. Présents massivement en Europe sur le plan militaire, économique et politique, détenant le monopole de l’arme nucléaire, ils constituaient pour l’URSS sur le plan européen l’unique – mais redoutable – rival.

11L’objet de cette rivalité était moins géopolitique qu’idéologique : il s’agissait de savoir lequel des deux systèmes opposés serait celui de l’Europe de demain. Le fameux « long télégramme » envoyé par Georges Kennan, alors en poste à l’ambassade des États-Unis à Moscou, formulait la politique américaine à l’égard de l’URSS dans les années à venir : « endiguer » la progression du communisme par tous les moyens jusqu’à ce que ses contradictions internes ne finissent par l’affaiblir et le faire changer. Au centre de cette stratégie était d’abord le sort de l’Allemagne – adversaire commun d’hier devenu l’enjeu principal des luttes d’influence entre Washington et Moscou de demain.

12Théoriquement Staline avait le choix entre deux politiques européennes. L’une pouvait avoir comme objectif la recherche de la coopération avec les Américains, pour obtenir leur aide financière à la reconstruction de l’URSS dévastée et éviter une course aux armements ruineuse, aux moyens très inégaux. Une telle politique supposait le maintien de l’unité allemande, gérée par les quatre puissances occupantes, et le respect des règles de la démocratie pluraliste dans les pays de l’Europe de l’Est, occupés par les Soviétiques, contre la garantie de leur neutralité bienveillante à l’égard de Moscou (ce que stipulaient d’ailleurs les accords de Yalta et de Potsdam en 1945, qui prévoyaient des élections libres dans ces pays, Allemagne comprise).

13À un certain moment ce choix paraissait possible. Le cas de la Finlande en était l’exemple concret : ancien allié de l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, défaite, mais non occupée par l’Armée rouge, devenue neutre, gardant son régime démocratique de type occidental et sa souveraineté, bien que limitée dans la politique extérieure par le traité de coopération avec l’URSS signé en 1948.

14Mais ce cas est devenu une exception à la règle. Pour Staline, les accords de Yalta délimitant les zones de contrôle militaire entre les quatre grandes puissances de la coalition antihitlérienne équivalaient au partage permanent de l’Europe en sphères d’influence entre l’URSS et les États-Unis, où chacun était libre d’imposer ses vues à sa guise.

15Il croyait être dans son bon droit d’autant plus que la proposition de partager l’Europe, assortie même de pourcentages de degrés d’influence par pays, venait de Churchill, en visite à Moscou en octobre 1944 – ce même Churchill qui donnera en mars 1946 le coup d’envoi de la guerre froide par son fameux discours de Fulton (USA), sur « le rideau de fer » abattu sur les pays de l’Est européen.

16D’où la soviétisation progressive des pays de l’Europe centrale et orientale, cimentée sur le plan politique par la mainmise des partis communistes locaux, sous le strict contrôle du « grand frère » moscovite, l’intégration de leurs systèmes planifiés et étatistes dans le cadre du Conseil d’assistance économique mutuelle (CAEM), depuis 1949, et de leurs structures militaires au sein de l’Organisation du pacte de Varsovie depuis 1955.

17Le noyau de ce système était la République démocratique allemande (RDA) créée en 1949 en réponse à la fondation par les Occidentaux de la République fédérale d’Allemagne (RFA) dans leurs zones d’occupation. La division de l’Allemagne était à la fois la cause et la conséquence de celle de l’Europe tout entière. Le RDA constituait non seulement le centre de gravité économique de la communauté socialiste, mais aussi la frontière politico-militaire avancée de l’URSS au cœur de l’Europe.

18La défense des communications avec le groupe occidental des troupes soviétiques, fortes de 500 000 hommes, et le chantage au danger du revanchisme allemand légitimaient la présence et le contrôle de l’URSS sur l’Europe centrale et orientale tout entière.

19Ainsi, d’une part, le sort des régimes socialistes dans les pays de l’Est, à commencer par la RDA, était indissolublement lié à celui de l’Union soviétique elle-même. Cela explique la brutalité avec laquelle l’URSS écrasait toute tentative de déviation idéologique ou de dissidence diplomatique, allant jusqu’à l’utilisation de la force armée en RDA (1953), en Hongrie (1956) ou en Tchécoslovaquie (1968). Seules la Yougoslavie, l’Albanie et parfois la Roumanie échappaient de cette chape de plomb.

20Mais la constatation de ces faits bien connus ne signifie pas que l’URSS était l’unique cause de la division de l’Europe, notamment en Allemagne : les responsabilités en étaient largement partagées entre l’Est et l’Ouest.

21Le choix de la politique de confrontation fait par Moscou en 1945 s’expliquait non seulement par la nature du régime soviétique et son idéologie messianique remontant à la révolution bolchevique de 1917. Staline lui-même se voyait moins comme accoucheur de la révolution communiste mondiale que comme l’héritier des « empereurs de toutes les Russies », dont l’objectif constant depuis Pierre le Grand était la création d’un glacis de sécurité à l’Ouest de leurs frontières européennes, d’où étaient venus plus d’une fois les envahisseurs européens – les Polonais en 1610, les Français en 1812, les Allemands en 1914 et 1941.

22Or, en 1945, l’URSS ruinée par sa victoire était trop pauvre pour séduire les Européens de l’Est par les attraits économiques comme les États-Unis l’ont fait à l’Ouest dès 1947 avec le plan Marshall. D’ailleurs ce plan n’était nullement destiné aux Soviétiques – ses conditions étaient très contraignantes précisément pour les rendre inacceptables par Moscou. En quelque sorte, le choix par Staline de la manière forte pour établir son contrôle sur l’Europe de l’Est était dicté par le sentiment de sa faiblesse relative face aux États-Unis.

23D’autre part, ni Staline, ni ses successeurs n’ont cherché à étendre le contrôle soviétique au-delà de la ligne Oder-Neisse devenue la frontière entre les deux États allemands, et donc entre les sphères d’influence soviétique et américaine en Europe, conformément à Yalta et à Potsdam. Pendant les quarante ans de la guerre froide, l’objectif prioritaire de la politique de l’URSS en Europe était de maintenir le statu quo existant. C’est de là que vient la formule de la diplomatie soviétique à Genève et à Helsinki : « l’intangibilité des résultats territoriaux et politiques de la Seconde Guerre mondiale ». Il s’agissait à la fois des frontières des États à l’Est et à l’Ouest et de leurs régimes.

24Staline lui-même ordonna en 1947 à Tito de faire cesser la guerre civile en Grèce, déclenchée par les communistes locaux et soutenue par Belgrade, disant carrément qu’il ne voulait pas courir le risque d’être entraîné dans un conflit avec les États-Unis – qui ont lancé dès 1947 « la doctrine Truman » d’aide à la Grèce et à la Turquie.

25Évidemment les tentatives soviétiques d’affaiblir l’influence américaine en Europe occidentale maintenue par l’OTAN, de « découpler » politiquement et militairement l’Europe et les États-Unis ne manquaient pas. Pour cela Moscou utilisait plusieurs moyens – le chantage à la vulnérabilité stratégique de l’Europe, les campagnes pacifistes animées par les PC ouest-européens, la propagande antiaméricaine, l’appât de la réunification contre la neutralisation proposée aux Allemands, etc.

26Mais, en même temps, les dirigeants moscovites craignaient pardessus tout que la situation politique et militaire en Europe et d’abord en Allemagne n’échappe au contrôle des deux superpuissances – rivales mais aussi partenaires privilégiés, surtout depuis l’avènement de « l’équilibre de la terreur » nucléaire entre elles.

27Cela explique l’attitude ambiguë de l’URSS à l’égard de la construction européenne. Depuis le lancement par Robert Schuman de la Communauté européenne du charbon et de l’acier jusqu’à la création de l’Union européenne, Moscou hésitait entre l’espoir de jouer l’Europe occidentale contre les États-Unis, grâce aux « contradictions interimpérialistes », et la peur qu’une Europe prospère et démocratique puisse devenir un pôle d’attraction pour ces satellites de l’Est européen sinon pire – que la CEE n’offre à la RFA un cadre moins contraignant que l’OTAN lui permettant de recouvrir l’égalité des droits avec les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale et d’influencer davantage la politique américaine dans le sens de la réunification.

28Les deux crises de Berlin, déclenchées en 1948-1949 par Staline et en 1958-1961 par Khrouchtchev, visaient des objectifs davantage conservateurs qu’expansionnistes. Essayant de déloger les Occidentaux de Berlin-Ouest par la menace de couper les voies de communication avec la RFA, l’URSS voulait atteindre deux objectifs : consolider le régime de la RDA et le faire reconnaître par l’Occident, RFA comprise. Le grand philosophe et sociologue français Raymond Aron reconnaissait à l’époque de l’ultimatum khrouchtchévien que Moscou voulait obtenir le changement de statut de Berlin-Ouest pour consacrer celui de l’Europe de l’Est tout entière tandis que les Occidentaux voulaient maintenir ce statut comme symbole de leur refus de reconnaître ce statu quo.

29Finalement, l’URSS paraissait obtenir gain de cause d’abord avec la construction du mur de Berlin en 1961, puis avec la signature par la RFA des accords sur la reconnaissance des frontières avec la RDA, la Pologne et la Tchécoslovaquie, enfin avec l’Acte final d’Helsinki de 1975 dont la « première corbeille » comportait enfin la garantie des frontières sorties de la Seconde Guerre mondiale.

30Mais cette victoire diplomatique, qui devait pérenniser les résultats de la victoire militaire de 1945, s’est révélée illusoire. La « troisième corbeille » du même Acte final de la Conférence sur la sécurité et la coopération arrachée en contrepartie par les Occidentaux – la promesse du respect des contacts humanitaires – faisait au fil des années rouiller le « rideau de fer » entre l’Est et l’Ouest en Europe. Ce processus accentuait l’usure morale des régimes des pays socialistes, y compris de leur matrice – celui de l’URSS aboutissant dix ans après Helsinki à l’avènement de Gorbatchev et de sa politique de perestroïka et de glasnost, « nouvelle pensée » dans les relations internationales mettant fin à la guerre froide. Le résultat est connu : les « révolutions de velours » anticommunistes dans les pays de l’Europe centrale et orientale, la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989, la réunification allemande, la fin du CAEM, de l’Organisation du pacte de Varsovie et donc de la communauté socialiste en entier.

31La conclusion qu’on peut tirer de l’histoire de ces quarante-cinq ans de politique soviétique en Europe (1945-1990) est évidente. Elle aboutit à l’échec total de son principal objectif – pérenniser le statu quo en Europe, né de la Seconde Guerre mondiale – en dépit d’efforts et de réussites diplomatiques parfois impressionnants.

32L’effondrement en 1991 à la fois de l’URSS et du régime communiste dans les États indépendants devenus ses successeurs, à commencer par le principal – la Fédération de Russie –, a ouvert un nouveau chapitre des rapports entre cette dernière et l’Europe.

33La politique européenne de la Russie postcommuniste s’est construite sous l’influence de plusieurs facteurs : la fin de toute prétention au prosélytisme idéologique au-delà, non seulement du système de Yalta et de Potsdam devenu caduc, mais aussi de ses propres frontières ; la diminution drastique des moyens matériels mis au service de la politique étrangère ; la volonté affichée d’intégrer les structures occidentales euro-atlantiques créées pendant la guerre froide sans l’Union soviétique, ou au moins d’établir avec elles des rapports de coopération. Cependant cette rupture n’est pas allée jusqu’à la renonciation totale à une certaine continuité avec la politique de l’ex-URSS, sinon de la Russie impériale prérévolutionnaire en Europe, tenant compte de l’histoire et des intérêts nationaux, objectifs du pays qui découlent de sa situation eurasiatique et de ses affinités civilisationnelles.

34Pendant la première moitié des années 1990, la Fédération de Russie traversa une période de crise économique aiguë liée à la transition parfois trop brutale vers l’économie de marché et aux turbulences politiques internes. La diplomatie russe dirigée par Andrei Kozyrev, libéral convaincu, cherchait alors à établir des relations privilégiées avec l’Occident en général, les États-Unis et l’Union européenne, au détriment de celles avec les républiques ex-soviétiques dans le cadre de la Communauté des États indépendants (CEI) créée en décembre 1991, les pays asiatiques et le Tiers Monde en général.

35Parmi les acquis de cette période dite « romantique » figurent notamment l’adhésion de la Russie au Conseil de l’Europe, la signature en 1994 de l’Accord de partenariat et de coopération avec l’Union européenne (UE), ainsi que du programme « Partenariat pour la paix » avec l’OTAN. L’attitude de Moscou à l’égard de l’intégration européenne passa de la méfiance soupçonneuse propre à l’ex-URSS à l’enthousiasme débordant, poussé jusqu’à l’affirmation de la vocation européenne de la Russie, prête à partager sans réserve les valeurs de ses adversaires d’hier devenus partenaires d’aujourd’hui sinon alliés de demain.

36Or, cet enthousiasme a dû se décanter assez vite. Heureux d’être débarrassés du redoutable « Empire du Mal » communiste, les Européens de l’Ouest, comme d’ailleurs les Américains, n’allaient pas au-delà de déclarations verbales de soutien à la jeune démocratie russe, sans les confirmer par la pluie d’or de dons, de crédits ou d’investissements, si nécessaires pour sortir la Russie de la crise économique et sur lesquels comptaient les libéraux moscovites. Cette réserve s’est accentuée depuis le début, en 1994, de la première guerre en Tchétchénie, qui mettait les Russes au ban de l’opinion publique européenne, les accusant de violation flagrante des droits de l’homme.

37Qui plus est, dès 1993, les Occidentaux ont mis le cap sur l’élargissement de l’OTAN et de l’UE à l’Est, au profit des anciens satellites sinon des ex-républiques soviétiques, surtout baltes.

38Enfin, dans la guerre atroce entre les composantes de l’ex-Yougoslavie, l’OTAN prit position contre les Serbes, slaves et orthodoxes, alliés traditionnels de la Russie dans les Balkans. En dépit de la participation russe au groupe de contact chargé de trouver la solution politique à la crise en Bosnie-Herzégovine, Moscou fut marginalisé pendant l’élaboration des accords de Dayton. Avec le déclenchement de la crise au Kosovo, la situation des Russes a empiré – l’Alliance atlantique a lancé l’opération militaire contre les Serbes sans l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU, dont la Russie est un des cinq membres permanents disposant donc du droit de veto.

39Tous ces événements n’ont pas tardé à provoquer une révision considérable de l’attitude de la Russie envers l’Occident, Union européenne comprise, personnifiée par le départ de Kozyrev, remplacé en janvier 1996 au ministère des Affaires étrangères par Evgueni Primakov, orientaliste de renom et chef des services de renseignements extérieurs depuis 1991.

40Sans rompre le dialogue avec l’Occident, y compris les Américains, il a procédé à un rééquilibrage de la stratégie diplomatique russe, inspirée dorénavant par la conception d’un monde multipolaire où l’unique puissance américaine serait contrebalancée par la Russie, la Chine, l’Inde d’un côté, l’Union européenne et le Japon de l’autre. C’est dans ce cadre-là que s’inscrit la création en 1996 du groupe de Shanghai comprenant la Chine, la Russie et les pays de l’Asie centrale.

41Les rapports avec les républiques de l’espace post-soviétique ont reçu également une impulsion nouvelle, notamment avec la signature en 1997 du traité de coopération et de bon voisinage avec l’Ukraine, mettant fin aux contentieux à propos de la Crimée. La nouvelle politique étrangère, notamment européenne, de la Fédération de Russie débute en 2000. Le départ de son premier président Boris Eltsine, âgé et malade, remplacé par Vladimir Poutine, élu haut la main au mois de mars 2000, a coïncidé avec l’amélioration considérable de la situation économique du pays. Paradoxalement, la crise d’août 1998 y a beaucoup contribué par la dévaluation massive de la monnaie nationale. L’envolée sans précédent des prix du pétrole, principal produit d’exportation de la Russie, à permis au pays d’en finir avec la dépendance humiliante à l’égard des crédits occidentaux que Moscou commence à payer avant terme.

42L’indépendance économique retrouvée était consolidée par la stabilisation politique. La limitation des pouvoirs des gouverneurs des régions mit un frein aux tendances centrifuges menaçant l’unité du pays, l’opposition parlementaire céda la place majoritaire au parti présidentiel, les oligarques milliardaires contrôlant l’économie durent réduire leurs ambitions politiques. Pourtant tous les problèmes étaient loin d’être résolus – la nouvelle guerre en Tchétchénie débute en 1999, menaçant non seulement d’embraser le Caucase tout entier, mais provoquant même des retombées sinistres jusqu’à Moscou devenu victime d’attentats terroristes répétés.

43La politique étrangère, notamment européenne de Poutine, qui reflète ces tendances contradictoires, positives et négatives, représente une tentative de synthèse entre les deux périodes précédentes – « romantique » de Kozyrev et « réaliste » de Primakov. Son trait distinctif le plus marquant est sans doute le pragmatisme absolu dénué de toute considération idéologique, nostalgie impériale, messianisme communiste ou passion libérale.

44En Europe, Poutine, alors encore Premier ministre, a débuté en 1999 par l’échange de déclarations d’intention avec l’UE, intitulées « stratégies de coopération » à moyen terme (jusqu’en 2010). Ces déclarations complétaient l’Accord de partenariat et de coopération de 1994, ratifié et entré en vigueur trois ans plus tard, qui a expiré en 2007. L’événement très important qui doit avoir des conséquences très sensibles pour la Russie au cours de cette période est l’adhésion à l’UE (et à l’OTAN), le 1er mai 2004, de dix nouveaux membres dont huit ex-pays socialistes de l’Europe centrale et orientale : la Pologne, la Tchéquie, la Slovaquie, la Hongrie, la Slovénie, la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie. Après cette adhésion, l’UE doit totaliser plus de 50 % de tous les échanges économiques extérieurs de la Fédération de Russie. Or, ces échanges constituent actuellement le tiers du PIB russe.

45Dans un avenir prévisible, le processus d’élargissement de l’UE doit atteindre les pays balkaniques – la Bulgarie, la Roumanie (2007), la Croatie et les autres républiques de l’ex-Yougoslavie, plus tard peut-être, dans dix ou quinze ans, la Turquie et certains États de l’espace post-soviétique, telle l’Ukraine.

46Ces pays sont des partenaires économiques importants de la Russie et font partie de son pré carré stratégique, dont dépend sa sécurité extérieure. Or, après la dissolution de l’URSS, les rapports de la Russie avec ses anciens satellites laissent à désirer pour plusieurs raisons : non seulement en raison du syndrome post-colonial classique, mais aussi à cause de différents contentieux – la situation des russophones locaux dans les pays baltes, le problème des entités quasi étatiques autoprocla-mées (l’Abkhazie, l’Ossétie du Sud, la Transnistrie avec la Géorgie ou la Moldavie, etc.).

47Mais en fait il s’agit surtout du conflit entre deux processus d’intégration, l’un dans l’espace post-soviétique dans le cadre de la Communauté des États indépendants, l’autre dans celui de l’UE en expansion constante au détriment de la CEI. La « révolution des roses » en Géorgie ou la « révolution orange » en Ukraine, dans lesquelles Moscou soutenait (plus ou moins) les anciens régimes contre les oppositions pro-occidentales, en sont des exemples éloquents.

48Les dirigeants russes redoutent que l’élargissement ultérieur des structures euro-atlantiques comporte un danger pour les intérêts de la Russie à l’extérieur, et même pour sa cohésion interne. Cette appréhension nourrie par le précédent de l’URSS fait monter en Russie les sentiments nationalistes anti-occidentaux qui pourraient menacer les résultats globalement positifs obtenus dans la politique extérieure russe depuis la fin de la guerre froide, celle concernant l’Europe en particulier.

49Le ressentiment est manifeste non seulement à l’égard des organisations occidentales où la Russie n’est pas présente – l’OTAN et l’UE – mais même envers celles dont elle fait partie – l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et le Conseil de l’Europe. La diplomatie et les médias russes les accusent d’ingérence dans les affaires intérieures de la Russie à propos des violations des droits de l’homme en Tchétchénie, des atteintes à la démocratie, à la liberté de la presse, à l’indépendance de la justice, etc.

50Or, ce glissement vers le retour à la confrontation ou au moins vers une « paix froide » dans les rapports entre la Russie et l’Europe n’est nullement fatal car les facteurs objectifs qui les rapprochent restent beaucoup plus forts et nombreux que ceux qui les opposent.

51Cela est devenu patent surtout après les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis, suivis de ceux dans d’autres capitales – Moscou, Madrid, Londres, Istanbul, Le Caire, etc. La nécessité de la lutte contre le terrorisme international, le crime organisé, le trafic de drogue, d’armes, les épidémies, ainsi que la prévention des conflits armés et de la prolifération des armes de destruction massive, surtout nucléaires, est devenue une tâche si urgente que toute autre considération cède à cet impératif.

52L’autre problème qui contribue au rapprochement entre la Russie et l’Europe est la contradiction entre les besoins croissants en sources d’énergie, en premier lieu les hydrocarbures, et leurs quantités limitées. Ces sources sont surtout concentrées au Moyen-Orient, région politiquement très instable et explosive. D’où le triple intérêt commun de la Russie et de l’Union européenne : élargir les exportations de pétrole et de gaz russes en Europe (où ils ne sont pas loin de couvrir le tiers de la consommarion), augmenter les investissements européens en Russie et agir de concert pour trouver la solution pacifique de nombreux conflits au Moyen-Orient (à commencer par la confrontation israélo-arabe).

53Enfin, le troisième terrain ou les intérêts russes et européens se rencontrent est la construction d’un monde plus équilibré où la solution des problèmes internationaux serait abordée dans le cadre multilatéral, avant tout celui de l’ONU, au lieu d’être l’objet de l’approche unilatérale de l’unique « hyperpuissance » américaine. Bien que sur ce terrain tous les Européens ne soient pas unanimes, comme on l’a vu à propos des guerres d’abord en ex-Yougoslavie, ensuite en Iraq, les puissances continentales les plus importantes (la Russie, la France et l’Allemagne) ont pu agir ensemble afin de trouver des solutions politiques appropriées.

54Parmi les démarches concrètes que l’on pourrait citer figurent trois initiatives :

  • l’accord sur la transformation du Conseil Russie-OTAN où les Russes sont maintenant partie prenante à part entière et sur un pied d’égalité dans la discussion préalable sur les mesures à prendre dans certains domaines ;
  • l’activité du « quartet » (États-Unis, Union européenne, Russie, ONU) pour faciliter la recherche d’un règlement politique du conflit israélo-arabe ;
  • les décisions du sommet UE-Russie à Moscou, le 10 mai 2005, réuni au lendemain des festivités marquant le 60e anniversaire de la victoire contre le nazisme.

55Ces décisions dont l’idée était avancée deux ans plus tôt au sommet de Saint-Pétersbourg prévoient la création progressive entre l’UE et la Russie des quatre « espaces communs » – ceux de la sécurité interne, de la sécurité extérieure, de l’économie et des questions humanitaires (droits, culture, etc.). Pour chacun de ces espaces, des « feuilles de route », c’est-à-dire des catalogues de mesures à prendre dans le moyen terme, sont concertées. L’objectif recherché est de préparer le terrain pour le moment où l’actuel Accord de partenariat et de coopération en vigueur depuis 1997 aura expiré.

56Cette période sera d’autant plus importante qu’entre-temps l’Union européenne pourrait surmonter son actuelle crise d’identité interne dont les symptômes récents sont l’échec de la ratification du projet de Constitution européenne en France et au Pays-Bas et la crise budgétaire provoquée par la Grande-Bretagne, alors présidente de l’Union.

57Au cours de la même période, la Russie aura terminé le processus de son adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ce qui doit créer des conditions plus favorables pour le développement de la coopération Russie-UE. Lors du même sommet de Moscou en mai 2005, l’Union européenne a reconnu à la Russie le statut de pays à économie de marché et soutenu sa candidature à l’OMC (en échange de la ratification par le Parlement russe du Protocole de Kyoto).

58On peut donc espérer que, dans les années à venir, pour les relations entre la Russie et l’Union européenne s’ouvriront des perspectives nouvelles et plus prometteuses.

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LE MONDE EN 1945

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> Repères chronologiques :

  • Février 1945 : conférence de Yalta
  • Mai 1945 : capitulation allemande
  • Juin 1945 : création de l’ONU
  • Juillet 1945 : conférence de Potsdam
  • Septembre 1945 : capitulation japonaise
  • Novembre 1945 : procès de Nuremberg

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PLAN :

  • I)L’année 1945 marque la fin du conflit de la Seconde Guerre mondiale.

  • a) La fin du conflit

  • b) Un bilant apocalyptique

  1.  Les victimes de la Guerre

  2.  Bilan matériel : des économies sinistrées

  3.  Bilan psychologique : le traumatisme

  • II)Les conséquences du conflit dans les relations internationales

  • a) Le déclin européen

  • b) L’émergence de deux superpuissances.

  1. Une suprématie américaine incontestable.

  2.  Une puissance soviétique affirmée.

  • III)Un nouvel ordre mondial

  • a) De Yalta à Postdam

  • b) Une nouvelle carte du monde

  • c) Un ordre nouveau

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Problématique : En quoi le 2nde Guerre Mondiale a-t-elle un impact sur le nouvel ordre mondial qui émerge en 1945 ?

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I) L’année 1945 marque la fin de la Seconde Guerre mondiale.

La Seconde Guerre mondiale, ou Deuxième Guerre mondiale, est un conflit armé à l’échelle planétaire qui dura du 1° septembre1939 au 2septembre1945. Ce conflit planétaire opposa schématiquement deux camps : les Alliés et l’Axe.

  • Provoquée par le règlement insatisfaisant de la Première Guerre mondiale et par les ambitions expansionnistes et hégémoniques des trois principales nations de l’Axe (Allemagne nazie, Italie fasciste et Empire du Japon), elle consista en la convergence, à partir du 3septembre1939, d’un ensemble de conflits régionaux respectivement amorcés le 18juillet1936 en Espagne (la guerre d’Espagne), le 7juillet1937 en Chine (la guerre sino-japonaise), et le 1° septembre1939 en Pologne (campagne de Pologne), puis par l’entrée en guerre officielle de l’ensemble des grandes puissances de l’époque : France, Royaume-Uni et leurs empires dès le 3septembre1939, URSS à partir de l’invasion allemande de juin 1941, États-Unis le 7décembre1941 dans un conflit impliquant la majorité des nations du monde sur la quasi-totalité des continents.
  • Cette guerre concerne l’ensemble de l’espace mondiale. Elle est l’aboutissement d’une Guerre totale (commencé avec la I° Guerre Mondiale) : c’est une guerre dans laquelle tous les éléments (économie, politique, sociale…) qui composent un état convergent vers l’effort de guerre. La population est entièrement mobilisée, ce sont aussi des citoyens soldats qui se battent pour leurs nations. Le terme d’état nations apparaît en Europe au 19° siècle : des provinces, des royaumes en Europe > états nations avec leurs identités qui affrontent d’autres nations > nations démocratique-libérale contre des régimes totalitaires (théorie de Gaubinaud : doctrines racistes au 19° siècle). Une Guerre culturelle au sens psychologique > propagande > l’idée que la population doit tenir afin de mobiliser la nation > diabolisation de l’ennemi (déshumanisation de l’adversaire) > comble de l’horreur avec les génocides de juifs.
  • Une guerre idéologique dans le sens qu’il y a pour beaucoup de s’opposer aux régimes totalitaires. Au nom d’un principe démocratique libéral il y a une volonté de lutter contre les régimes de dictatures.
    [ 39 à 42 : une guerre européenne > la conquête de l’Allemagne / l’empire japonaise dans le pacifique ; 41-42 les Etats Unis et la Russie vont s’y intégrer / 42-45 : la reconquête par la grande alliance (Russie, E-U, R-U) des territoires occupés de l’Allemagne). En mai les forces de l’Alliance parviennent jusqu’à Berlin. / La volonté des Américains contre les japonais pour finir le plus vite (arme atomique) alors que la Russie influence l’Europe. La fin de la Guerre débouche sur un nouvel équilibre avec l’URSS et les Etats-Unis et fait émerger un nouvel ordre mondial. ]
  • La Seconde Guerre mondiale constitue le conflit armé le plus vaste que l’humanité ait connu, mobilisant plus de 100 millions de combattants de 61 nations, déployant les hostilités sur quelque 22 millions de km², et tuant environ 62 millions de personnes, dont une majorité de civils. N’opposant pas seulement des nations, la Seconde Guerre mondiale fut la première grande guerre idéologique de l’Histoire, ce qui explique que les forces de collaboration en Europe et en Asie occupées aient pu être solidaires de pays envahisseurs ou ennemis, ou qu’une résistance ait pu exister jusqu’en plein cœur de l’Allemagne nazie en guerre.
  • Elle connut de multiples crimes de guerre, qui ne furent l’apanage d’aucun camp, crimes s’insérant dans une violence militaire et policière d’une intensité et d’une profondeur inégalées. Elle vit également l’émergence à une échelle inconnue jusqu’alors de crimes de masse particulièrement atroces et pour certains sans précédents, tout particulièrement à l’instigation de l’Allemagne nazie et du Japon impérial.

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a) La fin du conflit.

Le conflit prit fin sur le théâtre d’opérations européen le 8mai1945 par la capitulation sans condition du III° Reich, puis s’acheva définitivement sur le théâtre d’opérations Asie-Pacifique le 2septembre1945 par la capitulation sans condition de l’Empire du Japon, dernière nation de l’Axe à connaître la défaite.

Si dans chaque pays il y a châtiment des collaborateurs, la sortie de la Seconde guerre mondiale voit réussir un projet qui avait échoué lors de la sortie de la guerre 14-18 : le jugement devant une Cour internationale des dirigeants allemands accusés d’avoir causé la guerre. Churchill (1° ministre du Royaume-Uni) n’était pas pour, considérant qu’il fallait fusiller les dignitaires du Reich sans autre forme de procès. Roosevelt (président E.U.A), Staline et de Gaulle (questionné à ce sujet en avril 1945) étaient partisans de ce jugement. Mais aux crimes de guerre sont ajoutées de nouvelles qualifications : c’est le tribunal de Nuremberg qui le premier use des qualifications de crimes contre l’humanité et de génocide. Face à ce cas emblématique existe néanmoins une pluralité de situations d’Epuration, des violences homicides dans le Nord de l’Italie à l’internement au camp de Rivesaltes en Roussillon. Par-delà, c’est un nouvel ordre mondial qui se fonde.

b) Un bilan apocalyptique :

1. Les victimes de la Guerre (doc.1 page 2)

  • Lourd impact démographique mondiale avec environ 62 millions de morts est le conflit le plus sanglant de l’histoire. Les combats, les bombardements massifs, le génocide ont fait autant de victimes civiles que militaires. (55-60 % civils) Certains états ont vu leurs populations décimées (politique programmée par l’Allemagne d’extermination d’un pays par la destruction aussi des élites + surmortalité liée aux conditions de vie / occupation étrangère).
  • Dans la logique destructrice, plus il y aura de dégâts, plus la population civile sera atteinte et par conséquent les états seront affaiblis pour lutter. A plus long terme, la surmortalité, le déficit des naissances alourdissent encore les conséquences de cette hécatombe en réduisant, à l’heure de la reconstruction, la main-d’œuvre disponible.
  • Aux pertes humaines, il faut ajouter le désarroi des populations déplacées. Plusieurs millions de personnes ont fui devant l’ennemi ou tentent de regagner leur patrie.
  • En comparant les pertes de l’URSS (12% de la population) à celles des Etats-Unis (0 ,3%), la Russie a connu 40 % de pertes en plus. Les Etats-Unis ont menés une guerre matérielle tandis que la Russie va compenser le manque d’organisation matérielle en mobilisant des centaines de milliers d’hommes.
  • Après la guerre, l’URSS va chercher à obtenir des compensations ‘ le prix du sang’ :

=> Pouvoir modifier les frontières de l’Europe afin de retrouver les territoires perdus dans la seconde guerre mondiale.

=> Les territoires de l’Europe de l’ouest seront libérés puis occupés par l’URSS, qui instaurera un régime procommuniste.

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2. Bilan matériel : des économies sinistrées

  • L’Europe est un immense champ de ruine avec un bilan matériel lourd. Les destructions sont considérables : villes anéanties ( sur la photo Saint-Lô, Varsovie, Berlin, Dresde, Brest…). Des infrastructures détruites, le potentiel de productions agricole et industriel de l’Europe a chuté de moitié.
  • Le général de Gaulle dans ses Mémoires de guerre (tome 3-1954) dresse ainsi le tableau de la France au lendemain de la libération :

 » La marée en se retirant, découvre soudain d’un bout à l’autre, le corps bouleversé de la France… Les chemins de fer sont quasiment bloqués. De nos 12000 locomotives, il nous en reste 2800. Aucun train partant de Paris ne peut atteindre Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Lille, Nancy… Quant aux routes, 3000 ponts ont sautés ; 300 000 véhicules à peine, sont en état de rouler sur 3 millions que nous avons eus ; enfin, le manque d’essence fait qu’un voyage en auto est une véritable aventure. »

En effet, dans toute l’Europe le rationnement des produits essentiels à la vie des individus est une absolue nécessité et il ne se limitera pas à l’année 194 comme en France où les tickets de rationnement seront maintenus jusqu’en 1947, tellement la situation alimentaire est préoccupante.

  • Ce bilan matériel est cependant inégal selon les états. L’URSS a perdu 1700 villes, 70 000 villages, 80 % de ses moyens de transport. L’Allemagne conserve une partie de son potentiel industriel (30% de capacité de production d’avant-guerre) alors que ses grandes villes se sont écroulées sous les bombardements. L’Europe dans son ensemble est le continent le plus affaiblie (> aide des E-U) par le conflit (les deux pays les plus marqués seront la France et l’Allemagne) mais certains continents ou régions en sont sortis indemnes sur le plan matériel, c’est le cas du continent américain et une grande partie de l’Afrique.
  • Les pertes matérielles ont partout entraîné un désastre financier. L’augmentation des dépenses pendant le conflit (exemple de la puissance du Royaume-Uni qui s’est endetté en 4 ans), le recours à l’emprunt, le pillage économique des pays occupés ont ruiné l’Europe et le Japon. (les ressources pillés étant utilisés pour alimenter la guerre). L’endettement, l’inflation (en France, entre 1944 et 1945 les prix augmentent de 165 %) et l’effondrement de la monnaie, a pour conséquence d’empêcher tout redressement rapide.

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3. Bilan psychologique : le traumatisme (doc.3 page 2)

  • La découverte des camps d’extermination et les crimes nazis perpétrés dans tous les pays occupés ajoutent à l’horreur de cette guerre. L’impensable réalité des chambres à gaz et des fours crématoires provoque un profond choc moral. Les images et les témoignages des déportés bouleversent les populations pour toujours. C’est la définition même de l’homme qui est remise en cause.
  • De plus, l’emploi de la bombe atomique affirme la vulnérabilité de l’humanité. L’homme vient de créer l’arme de sa propre destruction. C’est l’idée d’une fin de la « civilisation ».
  • Dans de nombreux états, la joie de la « Libération » ne peut effacer les fractures et la honte de la collaboration. L’heure des règlements de comptes prend parfois des allures de guerre civile. L’ « épuration » va laisser des cicatrices pendant longtemps. Le châtiment des collaborateurs s’impose comme une absolue nécessité, il faut punir les traîtres pour « purifier » l’air qu’on respire.
  • Et pendant ce temps, les futurs vainqueurs préparent l’avenir, un avenir qui ne peut-être qu’un avenir de paix. C’est là qu’une nouvelle classe d’élites (plutôt jeunes) émerge et va incarner le changement vers un monde nouveau, cette aspiration au changement en 1945 (l’une des conséquences est le phénomène du baby-boom).

[ Politique au Royaume-Uni : Clement Attlee chef du parti travailliste succède au premier ministre Churchill (conservateur) ; cela montre la position qu’occupe la population qui cherche un nouvel ordre mondial dans un état providence, pour une meilleure redistribution des richesses ainsi que de nouvelles valeurs progressistes et sociales.]

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II)Les conséquences du conflit dans les relations internationales

a)Le déclin européen

  • L’Europe apparaît comme l’une des principales victimes du conflit. Elle n’est qu’une puissance secondaire, réduit à son espace européen.
    Economiquement l’Europe est ruinée. L’ampleur des destructions, la disparition des moyens de paiement, le déficit humain ne lui permettent pas d’envisager seule une reconstruction.
  • Diplomatiquement son prestige est anéanti par les effets de l’occupation et par sa faiblesse face à l’action des dictatures.
  • Dans les colonies, les empires sont menacés par les revendications nationalistes qui ne supportent plus la mainmise des métropoles et qui sont encouragées par les deux Grands dans leur volonté d’émancipation.

  • Septembre 1945, Hô Chi Minh proclame unilatéralement l’indépendance du Vietnam et remet en cause la présence française en Indochine.

  • Politiquement l’Europe désorganisée dépend de la bonne volonté de ses libérateurs américains et soviétiques.
  • Le bilan catastrophique de la Seconde Guerre mondiale remet définitivement en cause les équilibres hérités du XIX° siècle. Un monde nouveau s’installe, dominé par les Etats-Unis et l’Union soviétique. Les espoirs de la Libération s’évanouissent rapidement, ils sont remplacés par les inquiétudes nées de l’opposition croissante entre les deux Grands. De nouveaux affrontements s’annoncent.

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b) L’émergence de deux superpuissances > (puissance mondiale complète)

  • Moins de deux ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, des tensions apparaissent entre deux mondes : d’un côté un bloc communiste organisé par l’URSS et de l’autre, un bloc occidental attaché à la démocratie libérale organisée par les Etats-Unis, deux systèmes idéologiques s’opposent.
  • La rivalité entre  ces deux mondes conditionne, pendant des décennies l’ensemble des relations internationales et provoque des crises qui à plusieurs reprises, menacent la paix dans le monde.

[ L’année 1962 marque un premier tournant dans l’évolution des relations soviéto-américaines. Après cette date, les crises ne disparaissent pas mais chacun d’entre elles, ne présente plus une menace directe contre la paix. Le risque d’une Troisième Guerre mondiale s’est éloigné.
L’année 1985 est un nouveau virage, l’arrivée de Gorbatchev à la tête de l’URSS précipite l’implosion de l’URSS et du bloc communiste.]

[ Pour les Etats-Unis, la voie est libre. Ils peuvent imposer leur domination sur le monde, seule l’Europe semble vouloir s’organiser non seulement économiquement mais aussi politiquement pour résister à l’hégémonie américaine.]

  • La guerre met donc en évidence la nouvelle hiérarchie des puissances. Le déclin amorcé par l’Europe depuis le début du XX° siècle est amplifié et les nouveaux Grands affirment leur prépondérance avec l’idée de se diffuser au sein de l’espace mondiale.

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1.   Une suprématie américaine incontestable.

  • Les Etats-Unis voient leur puissance considérablement renforcée au sortir de la guerre (président Roosevelt). La première puissance économique représente la moitié du PIB mondial (PIB qui a doublé avec le plein emploi).
  •  Leur supériorité est d’abord militaire, ils ont la première armée mondiale la mieux équipée, moderne car ils sont les seuls à posséder l’arme nucléaire, de plus leurs troupes stationnent dans tous les continents. Ils possèdent une suprématie industrielle et financière.
  • Durant le conflit leur capacité de production s’est accrue. Détenteurs du 2/3 du stock d’or mondial, les Etats-Unis disposent de la seule monnaie stable de la planète. Ils sont à ce moment-là, la grande puissance diplomatique qui va traiter les questions d’organisation mondiale avec  la reconstruction de nombreux états qui dépend donc essentiellement du pouvoir économique américain. Ils vont créer ainsi nouvel système financier mondial selon leur propre modèle afin de réorganiser l’économie mondial. Dès juillet 1944, à la conférence de Bretton-Woods, le dollar devient la monnaie référence et la base du nouveau système monétaire international (jusqu’en 1970 : le dollar est la seule monnaie mondiale / la valeur du dollar est fixe : X dollars vaux tant d’or)
  • Aussi cette société fascine, elle sera la première à développer une société de consommation. Avec le plan Marshall, ils vont apporter une aide économique pour l’aide à la reconstruction de l’Europe. Mais aussi, avec de nouvelles règles d’échanges en 1947, le GATT.

Discours de Monroe  ‘ L’amérique aux Américains ‘ c’est leur espace réservé, le continent d’Amérique sous l’influence des Etats-Unis.

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2. Une puissance soviétique affirmée.

  • L’URSS ressort affaibli, les conflits s’étant passé sur le sol soviétique de l’Ouest occupé par l’Allemagne > (destruction de villes, d’usines, dégâts en tous genres). Cependant, elle va augmenter son potentiel industriel et améliorer ainsi sa puissance économique (reconstruction accélérée d’usines dans l’URSS orientale).

  • Les pertes humaines et matérielles ont profondément affecté l’Union soviétique et l’économie de l’URSS ne peut rivaliser avec celle des Etats-Unis, pourtant le pays disposent d’atouts considérables.
  • Politiquement et idéologiquement le communisme sort renforcés de sa lutte contre le fascisme. Les partis communistes progressent nettement lors des élections organisées au lendemain de la guerre.
  • Militairement (puissance militaire importante de par ses effectifs) et territorialement, l’URSS étend son influence en Europe. Staline est toujours en place après-guerre, va proposer et tenter d’imposer un grand nombre de mesures, pour emmener à un nouvel ordre mondial. L’URSS au fort prestige va s’implanter fortement en Europe, notamment dans les pays qu’elle à libérer. L’armée rouge occupe alors de nombreux états et l’URSS annexe de vastes territoires : les pays Baltes, l’Est de la Pologne, le Bessarabie.
  • Le modèle soviétique, en 1945, devient un modèle très séducteur en Europe, très conquérant au niveau culturel, elle va diffuser son modèle à la majeure partie de l’espace mondiale, avec une forte influence dans les pays colonisés > l’image positive d’une nation qui s’est sacrifiée pour défendre son modèle, la doctrine communiste se propage à la population par la propagande.

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III)Un nouvel ordre mondial

a) De Yalta à Postdam

Durant la guerre, les américains et soviétiques ont fait front contre le péril nazi, mettant de côté leur divergence idéologique (économie capitaliste contre économie communiste) pour mieux se concentrer dans leur lutte contre le Reich hitlérien. Le Président Roosevelt, était plutôt philo soviétique (=aimer l’URSS), puisqu’il avait reconnu, officiellement, l’URSS, en 1933, et qu’il avait une bonne image de Staline, surnommé ‘ Uncle Joe’. (Staline avait même été élu par deux fois, homme de l’année par le magazine Time, en 1939 et en 1942).

Aussi, lors de la Conférence de Yalta, en février 1945, alors que la défaite allemande était imminente, un Roosevelt affaibli et un peu naïf, allait se faire manipuler par le roué Staline, qui allait dessiner des « zones d’influence », se réservant la domination soviétique sur toute l’Europe de l’Est.

Du 4 au 11 février à Yaltaen Crimée, Churchill, Roosevelt et Staline réfléchissent à l’avenir de l’Europe et au moyen de préserver le monde de nouveaux conflits. Mais la guerre n’est pas encore terminée, il faut harmoniser les efforts militaires contre l’ennemi commun : l’Allemagne nazie. La volonté de coopération entre les alliés reste manifeste ; c’est encore le temps de la  » grande Alliance « . Les puissances victorieuses s’accordent sur plusieurs points :

  • rétablir des institutions démocratiques en Europe en organisant des élections libres ;

  • juger les criminels de guerre nazis (le proccès de nuremberg => voir III) ;
  • faire payer des réparations à l’Allemange ;
  • démembrer l’Allemagne en quatre zones d’occupation ;
  • déplacer la frontière soviéto-polonaise vers l’Ouest (translation des frontières > réduction du territoire de l’Allemagne)
  • accord sur le principe d’une organisation internationale chargée de garantir la paix (création de l’ONU => voir III)

Ce compromis témoigne des souhaits et des inquiétudes de chaque Grand.

Aussi, Roosevelt entend obtenir un engagement militaire des Soviétiques contre le Japon. Churchill, soucieux de limiter l’influence soviétique en Europe obtient que la France soit associée à l’accord.

Le 11 février 1945 à Yalta : Roosevelt, Staline et Churchill terminent leur Conférence. Ils ont tout lieu d’être optimistes : la victoire des Alliés ne fait plus de doute et l’accord auquel ils ont abouti semble de nature à préserver les valeurs qui avaient été l’enjeu des combats. L’Europe allait recouvrer sa liberté, les derniers vestiges du nazisme et du fascisme seraient effacés. Dès leur proclamation, les accords de Yalta suscitent l’enthousiasme général dans l’opinion publique alliée.

# La conférence de Postdam

Juillet 1945 : La conférence de Potsdam près de Berlin où se réunit les trois grands : Staline, Truman le nouveau président assez anti-communiste (remplaçant Roosevelt décédé) et Churchill(très vite remplacé par le nouveau Premier ministre britannique Attlee suite aux élections législatives britanniques), le climat s’est profondément modifié. L’alliance existe toujours, mais la méfiance s’est installée entre les alliés. Les Américains n’ont plus besoin des Soviétiques et possèdent la supériorité de l’arme atomique : c’est pendant la Conférence que Truman apprend le succès total de la première explosion expérimentale d’un engin atomique ; qui va ainsi placer les Américains en position de force.

Aussi, le problème qui se pose aux trois Alliés n’est plus de s’unir pour vaincre l’hitlérisme, mais de prépare l’après-guerre. Le contrôle des grandes puissances sur l’Allemagne, la Pologne, l’Europe de l’Est, l’Italie et les Balkans, établi, les lignes de démarcations fixées, les trois Grands ont à régler toutes les questions relevant de l’administration commune, à se diviser le « butin » et à entériner en droit les nouveaux rapports de force installés par la victoire avec L’URSS qui compte bien imposé sa loi dans les territoires libérés par l’Armée rouge.

  • Une nouvelle frontière entre l’Allemagne et la Pologne est provisoirement fixée le long de la ligne Oder-Neisse.
  • L’Allemage est démilitarisée, dénazifée. Elle est divisée, ainsi que Berlin, en quatre zones d’occupation : française, américaine, anglaise, soviétique. Le réglement des réparations est précisé.

Division de l’Allemagne en 1945 + Berlin

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  • Cependant les décisions modestes ne permettent pas l’établissement de traités de paix. Pratiquement aucuns accords ne sera pris car il y aura beaucoup d’oppositions entre les Soviétiques et les Occidentaux (Il va falloir attendre 1975 pour qu’un traité de paix soit officiellement signé).
  • Quelques mois seulement après le communiqué si confiant de Yalta, la rupture est consommée. La « meilleure occasion de paix de toute l’histoire » a inauguré la diplomatie atomique et accouché de la plus formidable course aux armements qu’ai connue l’humanité.

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b) Une nouvelle carte du Monde > voir manuel de géographie !

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c) Un ordre nouveau

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  • L’ONU ou l’assurance d’une paix durable :

Evoquée dès 1941 par W. Churchill et Roosevelt dans la Charte de l’Atlantique, entérinée Grands à Yalta, l’organisation des Nations unies naît le 26 juin 1945 à la Conférence de San Francisco.

51 Etats signent la Charte des Nations unies dont les objectifs essentiels sont :

  •  la « préservation des générations futures du fléau de la guerre » ;
  • la proclamation de la « foi dans les droits fondamentaux de l’homme » ;
  • la volonté de  » recourrir aux institutions internationales pour favoriser le progrès économique et social « .

Soucieux d’éviter l’impuissance de la Société des Nations, créée au lendemain de la Première Guerre mondiale et qui s’était révélée incapable de faire face aux coups de force des dictatures, les fondateurs de l’ONU l’ont dès l’origine dotée de moyens diplomatiques, économiques et militaires.

L’ONU, dont le siège est à New York, est composée de trois organes principaux :

  •  L’Assemblée générale formée par les délégués de tous les Etats membres en est l’institution la plus démocratique. Chaque Etat y dispose d’une voix. Son pouvoir reste cependant limité. Elle émet des recommandations et c’est elle qui procède à l’élection du secrétaire général de l’organisation.
  •  Le conseil de Sécurité constitue l’organe le plus important de l’ONU. Sa composition plus restreinte assure la suprématie des grands Etats, vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. Formé de 11 membres à l’origine (15 aujourd’hui), le Conseil est dominé par cinq membres permanents : Etats-Unis, URSS, France, Chine, Royaume-Uni qui disposent d’un véritable droit de véto capable de paralyser l’action de l’ONU. Doté d’un véritable pouvoir éxécutif, le Conseil est responsable du maintien de la paix. Ses décisions ou résolutions peuvent ête accompagnées de l’envoi d’une force armée : les casques bleus.
  •  Le Secrétariat général assure le fonctionnement de l’organisation. Un secrétaire général, élu pour cinq ans par l’Assemblée sur propositions du Conseil de Sécurité, dirige l’administration.
  • De nombreux autres organismes spécialisés : FAO, UNESCO, OMS, FMI, BIRD…, appliquent les décisions de l’ONU en matière de coopération et de défense des droits de l’homme…

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  • Le procès de Nuremberg (nov. 1945-oct. 1946)

Soucieux de dénoncer le génocide et d’en condamner les responsables, les Grands conformément aux principes énoncés à Yalta, mettent en place un tribunal international chargé de juger les auteurs de crimes contre la paix, de crimes de guerre et de crime contre l’humanité. 23 dirigeants nazis comparaissent devant ce tribunal et 12 sont condamnés à mort et exécutés. Si de nombreux criminels de guerre échappent au châtiment, ce procès reste toutefois exemplaire dans la mesure où il tente d’établir une justice internationale. Il traduit la volonté des Grands de mettre en place un nouvel ordre mondial fondé sur le droit et la justice.

  • D’un point de vue social et culturel les occidentaux imposent le progrès social (le droit au développement). L’ONU ne va pas être qu’un organisme politique mais aussi avec des missions culturelles : il voit aussi l’amélioration de la vie des populations comme un moyen d’apaiser les tensions ; ce qui correspond à l’idée de l’état providence.
  • On retrouve d’un côté les valeurs occidentales de démocratie, basées sur les droits de l’homme (qui deviendront mondiaux en 1948) avec le principe de rendre le droit aux peuples sortant de la guerre de s’administrer librement (le principe de la libre détermination) avec en face la démocratie populaire communiste de Staline et son régime totalitaire.
  • Ainsi, c’est à travers les désaccords et les oppositions d’idéologies que va se rompre l’alliance entre les Occidentaux et les Soviétiques en s’organisant au sein de l’espace mondiale une bipolarisation.

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